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22.04.2026

Règlementation FATCA : Enjeux et Conformité

FATCA

Introduction

La règlementation FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) est une règlementation extraterritoriale américaine visant à lutter contre l’évasion fiscale.

En 2010, le Congrès américain entérine la loi FATCA (faisant partie du projet de loi HIRE), qui fait porter aux institutions bancaires et financières étrangères (donc non-américaines ou « FFI » pour Foreign Financial Institutions) l’obligation de déclarer les informations des contribuables américains détenant des comptes dans leurs établissements.

En France, l’accord IGA1 a été signé avec les États-Unis en 2013, et la règlementation a été appliquée en droit français via le Décret n° 2015-1 du 2 janvier 2015.

 

Qui est concerné par la règlementation FATCA ?

Les établissements financiers déclarants doivent tout d’abord s’enregistrer auprès de l’IRS (Internal Revenue Service, le fisc américain), qui leur attribue un GIIN (Global Intermediary Identification Number).

Lors de l’entrée en affaire, ces établissements doivent demander aux clients de renseigner des documents d’« auto-certification » fiscale fournis par l’IRS :

  • W8BEN-E : pour les clients personnes morales non-américaines.
  • W8 BEN : pour les clients personnes physiques non américaines.
  • W9 : pour les clients personnes américaines (physiques ou morales).

Le client, via ces documents d’auto-certification, se « classifie » en se déclarant ou non comme une personne américaine.

90 jours après l’entrée en relation, si le client ne s’est pas classifié malgré des « indices d’américanité », il est déclaré « récalcitrant » auprès de l’IRS. Le non-respect peut entraîner une retenue punitive de 30% des revenus de source US.

Qu’est-ce qu’une « personne américaine » ?

La règlementation donne un caractère très large à l’interprétation du critère d’américanité, s’appuyant avant tout sur la citoyenneté.

Les personnes physiques américaines

Est considérée comme « US Person » toute personne ayant la citoyenneté américaine ou titulaire d’une « Green Card ».

  • Une personne non-citoyenne peut être considérée comme résidente fiscale américaine si elle est présente de façon substantielle aux États-Unis durant l’année civile.
  • Un citoyen américain reste résident fiscal US même s’il est résident fiscal d’une autre juridiction.
Les personnes morales américaines

Elle se définit comme « une société de personnes ou une société créée aux États-Unis d’Amérique, ou en vertu du droit fédéral américain, ou d’un des États fédérés américains ».

UBO (Ultimate Beneficial Owner) ou « Substantial US Owner »

Dans la conformité bancaire, l’UBO est le bénéficiaire effectif. Pour FATCA, est un « Substantial US Owner » toute personne physique américaine détenant 10% ou plus d’une entité « passive » étrangère (société dont plus de 50% des revenus sont passifs).

Identification : Les indices d’américanité (US Indicia)

Pour éviter le « sous-reporting », les banques recherchent les US Indicia :

  • Lieu de naissance aux États-Unis.
  • Ligne téléphonique américaine ou email hébergé sur un serveur américain.
  • Résidence aux États-Unis.

Quelles sont les informations déclarées lors du reporting ?

Le reporting transmis aux autorités américaines inclut l’identité du client, son NIF (Numéro d’identification fiscale) américain, sa date et lieu de naissance, ainsi que le solde du compte et les recettes brutes. Pour un « Substantial US owner », le nom, l’adresse et le NIF sont requis.

IGA 1 vs IGA 2 : Quelles différences de transmission ?

Le mode de transmission dépend du modèle d’accord (Intergovernmental Agreement) :

  • Modèle IGA 1 (ex: France) : Les banques transmettent les informations à la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques), qui les transmet ensuite à l’IRS.
  • Modèle IGA 2 (ex: Hong Kong) : Les établissements transmettent directement les données à l’IRS via la plateforme cryptée IDES (International Data Exchange Service).

Conclusion : La question de la réciprocité

Bien que FATCA ressemble à un échange automatique, la réciprocité n’est pas systématique. Les pays sous IGA 2 envoient des données sans rien recevoir en retour. Pour l’IGA 1, la réciprocité dépend du modèle choisi : elle existe pour les modèles IGA 1 A, mais pas pour les modèles IGA 1 B.

 

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Marie MAJUA - Consultante Canopee
“ Diplômée de l’université et juriste en droit pénal financier et compliance, Marie est consultante en conformité fiscale. Elle intervient notamment sur le déploiement de l’obligation de reporting liée aux règlementations FATCA & AEOI. Marie est également grandement impliquée à titre personnel depuis des années sur des projets de bénévolat social, écologique ou sociétal. Y compris au sein du cabinet à travers ses actions pour promouvoir la politique RSE et l’Empowerment des collaboratrices Canopee. ”